Notre Jour Viendra

Notre Jour Viendra

20/12/2017 0 Par Marj

Le cinéma français engagé : une relève assurée

Cest, à vrai dire, avec un certain scepticisme que nous sommes allés voir le premier long métrage de Romain Gavras : Notre jour viendra.

En total désaccord avec ses propositions de court-métrage et de clips au sein du collectif Kourtrajmé, espèce de fourre-tout nourri à la culture urbaine de banlieue, nous nous sommes au contraire tout à fait retrouvés dans cette première œuvre cinématographique ambiguë, baignant dans un nihilisme amer.

Une œuvre inégale mais puissante

Le début du film est un petit peu hésitant, on ne sait pas trop quoi penser de ces deux personnages surtout celui de Rémy, incarné par Olivier Barthelemy, qui parait trop cliché pour être un personnage de cinéma intéressant. De plus, son obsession pour une fille qu’il n’a jamais vu, ses pratiques gothiques n’aident pas à l’affaire.

Mais le film avance et l’on s’attache à ceux dont la rencontre paraissait initialement totalement hors-de-propos et improbable. A notre avis, le vrai point de départ du film, c’est cette scène dans le bar, mélange dultra-violence gratuite et discutable mais aussi de jubilation, un premier pas de vengeance contre le monde, annonçant les prémices d’un nihilisme décadent.

Une relation ambiguë se crée entre ces deux personnages pas vraiment père et fils, ni frères, ni mari et femme. Cest une relation très équivoque, asexuée et très sensuelle, pas vraiment hétéro ni homosexuelle, ni même androgyne.

Le film senfonce indiscutablement vers une fin sans issue, où poésie du désespoir sentremêle à un sentiment émergeant de vacuité et dinéluctabilité vers la mort. Dans ce sens, les trente dernières minutes du film nous ont soufflés, elles procèdent dun crescendo très fort et renvoient à tout ce chemin parcouru par les deux protagonistes, en vain. Leurs efforts de quête de sens sépuisent et ne restent quamertume et déception.

Quel moralité?

Outre ce road-trip qui nest pas sans rappeler un film comme Mad Max dans son absurdité, le film nous est rapidement apparu comme la métaphore dune jeunesse désabusée, sans repère, sans cesse secoué dans leurs champs de valeurs par des adultes sceptiques et devenus cyniques par la force du temps. Cest un film inégal mais qui possède à notre sens de nombreux axes et strates de lecture concordantes. Cest un film influencé par la culture urbaine mais aussi par une sensibilité et une certaine poésie, relevant plutôt dune culture littéraire.